A partir de mars, « 20 000 personnes pourront être dépistées de façon ciblée pour le cancer du poumon » avant la mise en place d’un « dépistage généralisé », comme il se pratique déjà pour le cancer du sein, a fait savoir mercredi 4 février la ministre de la santé, Stéphanie Rist.
« Nous voulons qu’il y ait un dépistage généralisé du cancer du poumon d’ici à 2030 et ça va commencer dès le mois de mars avec plus de 20 000 personnes qui pourront être dépistées de façon ciblée pour le cancer du poumon », a-t-elle souligné sur Franceinfo à l’occasion de la journée mondiale contre le cancer.
Les 20 000 personnes testées, dans le cadre de ce projet pilote annoncé l’an dernier, « nous permettront d’ici 2030, de dire quel Français doit avoir un dépistage », a-t-elle poursuivi, estimant qu’« on avance réellement vers un dépistage de masse, comme nous le faisons pour le cancer du sein ou pour le cancer du côlon ».
Causé dans environ huit cas sur dix par le tabac, le cancer du poumon, marqué par une croissance anormale et incontrôlée de cellules dans les poumons, reste la tumeur maligne la plus fatale en France, avec 30 400 décès chaque année.
Si le nombre de nouveaux cas se stabilise pour les hommes, il progresse fortement pour les femmes, qui ont commencé plus tard le tabagisme. Comme les symptômes du cancer du poumon sont longs à apparaître, la majorité des diagnostics se fait à un stade trop tardif, compliquant les traitements et faisant chuter les chances de survie.
Dans le cadre de l’expérimentation, « 20 000 participants volontaires seront recrutés sur une période de dix-huit à vingt-quatre mois », précise le ministère de la santé. « Il s’agira de personnes de 50 à 74 ans, fumeurs et ex-fumeurs (sevrés depuis moins de quinze ans), avec, par exemple, une consommation tabagique cumulée d’au moins 20 paquets année », selon la même source.
Plusieurs études ont démontré les bénéfices d’un dépistage organisé du cancer du poumon : un scanner à basse dose pour des personnes à risque permet de détecter tôt des petites tumeurs débutantes et de réduire d’environ 20 % à 25 % le risque de décès.
En outre, Stéphanie Rist a annoncé « un autre dépistage (…) dans le cadre là aussi d’une expérimentation pour cibler les personnes qui sont à haut risque de cancer du sein ». En France, trois cancers (sein, colorectal, col de l’utérus) font l’objet d’un dépistage organisé, proposé systématiquement à une population cible.