On peut fort bien envoyer un message avec des lunettes, comme l’a illustré le président de la République, Emmanuel Macron, lors de son passage remarqué au Forum économique mondial, à Davos (Suisse), le 20 janvier, avec son look Top Gun assumé. Mais ces accessoires, prosthétiques à l’origine, devenus esthétiques, communiquent encore davantage grâce à l’intelligence artificielle (IA). Pour Francesco Milleri, PDG d’EssilorLuxottica, les lunettes ont même vocation à remplacer les téléphones portables.
La vision de l’industriel italien et fondateur de Luxottica, Leonardo Del Vecchio (1935-2022), s’est révélée juste. Les assistants IA sont venus renforcer a posteriori l’intérêt du mariage des verres Varilux (Essilor) et des montures Ray-Ban (Luxottica), réalisé dans la douleur en 2018. Le géant franco-italien s’était associé à Meta, dès 2019, afin de développer des lunettes connectées. Quatre ans seulement après l’abandon de la Google Glass, l’éphémère projet d’horribles binocles de geek, c’était osé.
Mais ce partenariat est arrivé au bon moment, avec une proposition au croisement de la tech et de la mode et une option verres correcteurs. Ce sont ainsi 7 millions de Ray-Ban Meta et Oakley Meta, offrant des fonctionnalités allant de la traduction simultanée à la diffusion d’images en direct sur les réseaux sociaux, qui ont été vendues en 2025, selon les chiffres communiqués mercredi 11 février par EssilorLuxottica. Quelque 2 millions de paires, en cumulé, avaient été commercialisées sur les deux années précédentes, après un premier lancement en 2021.