« Lors des dernières vacances de Noël, nous hésitions devant différentes marques de Panettone au supermarché avec un ami. Il a pris une photo et a demandé à ChatGPT de choisir. J’étais sidéré. Lui ne voyait pas le problème », lâche Benjamin, Parisien de 29 ans (les personnes dont seul le prénom est mentionné n’ont pas souhaité donner leur nom de famille). « Réchauffement climatique, guerres, montée de l’extrême droite : l’arrivée des IA génératives a fait converger toutes mes anxiétés liées à l’avenir », poursuit le rédacteur Web qui a découvert ChatGPT à son lancement, fin 2022.
Benjamin évite tout recours aux intelligences artificielles génératives dans son quotidien, comme des dizaines de lecteurs qui ont répondu à l’appel à témoignages sur Lemonde.fr. Certains, comme Charlie, 25 ans, ne se posent pas la question : « Il ne m’est jamais venu à l’esprit d’utiliser l’IA, insiste le journaliste dans une radio associative au Mans. Avant de lire des articles ou voir des docus tout au long de 2025, il ne s’agissait pour moi que d’un délire de technocrates. J’ignorais qu’elle était entrée à ce point dans les mœurs. »
Au sein de sa génération, le recours à l’IA est même devenu quasiment un réflexe : 89 % des moins de 25 ans ont déjà utilisé Gemini, Perplexity, Grok, ChatGPT ou Claude (contre 43 % dans la population générale), selon une enquête IFOP pour Jedha AI School menée en octobre 2025 auprès d’un millier de jeunes Français âgés de 16 à 25 ans. Près de 73 % s’en servent chaque semaine (contre 22 % dans la population générale). Ils se tournent vers ces outils en priorité pour effectuer des recherches, la rédaction de textes et l’aide aux devoirs, mais aussi par curiosité, pour se confier sur leur vie intime ou encore générer des images, des vidéos ou de la musique.