La guerre à tâtons : tel est le nouveau concept mis en œuvre par Donald Trump contre l’Iran. Après un week-end de bombardements intensifs sur le pays, coordonnés avec les forces israéliennes, l’armée américaine est parvenue à décimer le sommet du pouvoir religieux et militaire à Téhéran. Tandis que le risque d’embrasement régional demeure élevé, après les répliques iraniennes contre plusieurs pays, trois premiers soldats américains ont été tués.
« Malheureusement, il y en aura probablement d’autres avant que ça ne se termine. C’est comme ça », a déclaré le président des Etats-Unis dans une allocution, dimanche 1er mars. Il a aussi multiplié les entretiens éclair à la presse. A l’écouter, le déroulé de la guerre ne ressemble pas à un scénario mûrement réfléchi, avec des objectifs planifiés par étapes, des relais identifiés sur le terrain, un argumentaire poli.
Le jour même de la décapitation du régime, samedi, Donald Trump badinait, dans un entretien à Axios : « Je peux durer longtemps et reprendre tout le truc, ou y mettre un terme dans deux trois jours et dire aux Iraniens : “On se revoit dans quelques années si vous commencez à reconstruire [le programme nucléaire]”. » Dimanche matin, dans The Atlantic, le magnat se prétendait disponible pour la diplomatie, après avoir plaidé la veille pour un renversement du régime. « Ils veulent parler, et j’ai accepté de parler, alors je vais leur parler. » Dans l’après-midi, il confiait au Daily Mail à propos de la guerre : « Il s’est toujours agi d’un processus de quatre semaines. » Et enfin, dimanche soir, il a assuré au New York Times avoir « trois très bons choix » de candidats pour diriger le pays.