L’importance stratégique du golfe Persique pour le commerce mondial du pétrole est sans équivalent. Tel est le message envoyé par les marchés, lundi 2 mars, deux jours après le lancement de l’offensive américano-israélienne contre l’Iran. Les prix se sont envolés de 9 % à l’ouverture des échanges, dépassant brièvement les 80 dollars (68 euros) pour un baril de brent, la référence mondiale. Le baril de WTI nord-américain gagnait, lui, 7,18 % à 71,83 dollars, tandis que le prix du gaz européen explosait : à l’ouverture, le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, s’affichait en hausse de plus de 20 %. Une flambée à la mesure du choc que constituerait un embrasement de la région, plaque tournante de la production et du transport d’or noir.
Si nul ne peut prédire la durée du conflit et, partant, l’ampleur des perturbations, l’escalade est déjà enclenchée. Dimanche 1er mars, en réplique aux bombardements israéliens et américains, le régime iranien a tiré plusieurs missiles sur les pays voisins alliés des Etats-Unis. Des frappes ont visé des bases américaines et d’autres cibles en Arabie saoudite, aux Emirats arabes unis, au Koweït ou encore au Qatar, tous d’importants exportateurs de brut ou de gaz.