Nazanin Pouyandeh est née à Téhéran en 1981. Elle est la fille de l’intellectuel et défenseur des droits de l’homme Mohammad Jafar Pouyandeh, qui a été assassiné par le régime des mollahs en décembre 1998. Réfugiée politique en France, passée par les Beaux-Arts de Paris, elle devient rapidement l’une des peintres les plus en vue de sa génération. Elle n’en reste pas moins attachée à son pays natal et, en 2022, participe intensément au mouvement de protestation Femme, vie, liberté suscité par la disparition de l’étudiante kurde Mahsa Jina Amini, morte en détention dans les locaux de la police des mœurs.

L’inquiétude, l’angoisse l’emportent surtout. Quand Khamenei est mort, je n’ai ressenti aucune émotion. Mes amies m’ont écrit : « Que la mémoire de ton père soit heureuse aujourd’hui. L’assassin de ton père est mort. » Il est mort, en effet, sans avoir été jugé pour ses crimes, tué par une bombe américaine, avec d’autres. C’est tout ce que je peux en dire. Crier victoire n’aurait aucun sens. Les médias ont parlé des manifestations de joie à Téhéran à l’annonce de la mort de Khamenei, mais il faut ajouter qu’il y a eu des tirs dans les rues pour empêcher ces manifestations. Quelques vidéos montrent des soldats armés de kalachnikovs prêts à tirer, comme les 7 et 8 janvier, quand il y a eu près de 80 000 morts. Les événements actuels sont une raison de plus pour que le régime continue à opprimer la population.

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