« Obsédée par ses résultats, l’école devrait s’interroger aussi sur ses effets »

L’école est attentive aux résultats. Ce qui se comprend, s’agissant des élèves ou de leurs familles : on va à l’école en visant l’acquisition de savoirs, ou un diplôme. Ce qui se comprend aussi s’agissant des acteurs et responsables d’une activité publique dont il n’est pas choquant qu’elle doive rendre des comptes.

Il y a toutefois, dans le cas français, un grave désordre quant à tout ce que l’école prend pour des résultats, comme quant à ce qu’elle en fait. N’y aurait-il pas urgence à s’interroger sur les effets de l’action de l’école sur la population d’élèves qui lui est confiée, en termes de sentiment de justice, de relation avec autrui, d’harmonie avec le vivant, de démocratie ?

Que signifie aujourd’hui un brevet des collèges ou un baccalauréat ? On ne le sait plus depuis longtemps en termes d’acquisition durable d’une culture citoyenne, et l’institution n’en est pas dérangée. Contrairement à la plupart des examens des pays anglo-saxons, il n’existe pas de référence précise à des attendus, appelés ailleurs « standards », permettant de donner un sens à telle ou telle note. Est exceptionnelle la situation française, où le succès à l’examen est décidé sur un calcul absurde de moyennes entre des disciplines étrangères les unes aux autres, par « compensation ».

Plus grave encore : le statut de ces examens est bancal. Le brevet des collèges n’est pas requis pour poursuivre en lycée, et le baccalauréat est de plus en plus contourné par des dispositifs comme Parcoursup. Si on prend par ailleurs les évaluations en cours de scolarité et les jugements qui se fondent sur elles, comme les passages de classe ou les décisions d’orientation, on ne peut que constater les méthodes très disparates d’évaluation entre établissements ou à l’intérieur du même.

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