A première vue, la nouvelle bête noire de l’audiovisuel public n’a pas grand-chose d’impressionnant. Petit gabarit, abord aimable, discussion facile. Mieux vaut le voir siroter son café que lui faire face en commission d’enquête à l’Assemblée nationale. Depuis la fin du mois de novembre, le rapporteur Charles-Henri Alloncle transforme cet examen de la gestion de l’audiovisuel public en spectacle, voire en tribunal, déplorent ses détracteurs. Lui y voit un moyen d’attirer l’attention, à force de montages calibrés pour les réseaux sociaux, d’une partie du monde de la culture, historiquement hostile à l’extrême droite.
Caisse de résonance des obsessions des médias de Vincent Bolloré, la commission a aussi construit la notoriété personnelle de ce jeune député de l’Hérault élu en 2024 sous l’étiquette Union des droites pour la République (UDR), faux novice en politique et vrai sarkozyste devenu bardelliste, malgré sa non-appartenance au Rassemblement national (RN). A 32 ans, le voici noyé sous les éloges de l’animateur phare de CNews Pascal Praud, les posts satisfaits de chefs d’entreprise sur LinkedIn, et les encouragements de tout ce que l’audiovisuel public compte de détracteurs, comme l’ancien ministre de la communication Alain Carignon, qui le lui a fait savoir.