Le spectaculaire enlèvement du président Nicolas Maduro, à Caracas, samedi 3 janvier, ouvre la voie à de nombreuses évolutions. Pour les Vénézuéliens, concernés au premier chef, on peut espérer qu’elles s’avéreront positives. Elles risquent d’être plus déstabilisatrices pour une société internationale désormais découpée en sphères d’influence, dans lesquelles la loi du plus fort supplante le respect du droit international. Les rapports de force en Amérique latine, au Moyen-Orient, à proximité de la Russie et de la Chine pourraient se trouver désinhibés dans les années à venir…
Une autre inconnue concerne la politique intérieure américaine. Quel sera l’impact de cette opération militaire sur l’électorat républicain ? La question est d’autant plus importante que le camp présidentiel apparaît affaibli à l’approche du scrutin de mi-mandat, en novembre : il pourrait bien perdre le contrôle de la Chambre des représentants, voire du Sénat. Donald Trump avait fait campagne en 2016 sur le thème de « l’Amérique d’abord » (America First), appelant à en terminer avec les « guerres sans fin » pour se concentrer sur la reconstitution des classes moyennes qui auraient été trahies par les élites. Les Etats-Unis allaient renoncer à leur responsabilité morale dans le monde. Ce nationalisme de repli avait séduit la base populiste du candidat qui, une fois élu, avait peu ou prou tenu sa promesse.
Mais depuis son retour à la Maison Blanche, en janvier 2025, le président Trump a opéré un tournant décisif en termes de politique étrangère. Il s’implique dans de nombreuses négociations de paix, sans succès pour l’instant, entre la Russie et l’Ukraine ; avec un fragile plan de paix entre Israël et les Palestiniens. Il détaille des projets impérialistes stupéfiants dans les Amériques avec ses revendications sur Panama, le Canada et le Groenland ; et enfin, il a préparé depuis des mois le changement de régime au Venezuela.