Deux réseaux de trafiquants de drogues de synthèse, opérant via l’aéroport Roland-Garros à La Réunion, démantelés par la police judiciaire le 19 décembre 2025 ; 187 kilos de cocaïne saisis par l’Office anti-stupéfiants à l’aéroport de Martinique Aimé-Césaire, à Fort-de-France, trois mois plus tôt… Et la litanie pourrait continuer sur des pages. S’il ne permet pas, comme le trafic maritime, l’acheminement de quantités industrielles de stupéfiants, le « vecteur » aérien, dans un contexte de surproduction de drogue – notamment de cocaïne – reste fort prisé des réseaux criminels. Il connaît même un essor qui ne se dément pas, d’après une note confidentielle du Service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée datée du 24 novembre 2025, que Le Monde a pu consulter.
Les « avantages pour le crime organisé » du recours aux vols commerciaux, au fret, à l’aviation d’affaires ne manquent pas : rapidité des échanges, interconnexions permettant le contournement de dispositifs de contrôle via certaines lignes aériennes et « faible nombre des points de contrôle au prorata de la distance parcourue ». Les aéroports secondaires et l’aviation d’affaires n’y échappent pas, de plus en plus scrutés par les services de sécurité en raison des facilités offertes au trafic : 1 400 connexions sur le continent européen, dont près de 80 % ne sont pas desservies par des lignes régulières, d’où une moindre surveillance et des contrôles parfois allégés.