Le 8 décembre 2012, Hugo Chavez, atteint d’un cancer, s’apprête à subir une nouvelle opération à Cuba. Le président vénézuélien appelle alors ses concitoyens à voter pour Nicolas Maduro si lui-même venait à disparaître. Assis a ses côtés, celui qui est alors ministre des relations extérieures et vice-président reste impassible. « Je n’avais jamais voulu être président », précisera-t-il plus tard.
Hugo Chavez meurt en mars 2013. Nicolas Maduro est élu de justesse en avril. Ni les partisans de la révolution bolivarienne, ni ses détracteurs, ni probablement lui-même ne pouvaient imaginer qu’il resterait treize ans au pouvoir. Un règne auquel les forces spéciales américaines ont mis fin samedi 3 octobre à l’aube. Capturé à Caracas et exfiltré en compagnie de son épouse, Cilia Flores, M. Maduro s’est montré également impassible en arrivant menotté à New York. « Bonne nuit et bonne année », a-t-il souhaité à ses geôliers, du haut de son 1,95 mètre.
L’homme a-t-il perdu son calme en entendant les mitraillettes américaines abattre sa garde rapprochée ? L’« intervention chirurgicale » décidée par Donald Trump s’est soldée par la mort de quelque 80 personnes, selon un bilan non officiel. Présenté lundi devant un tribunal de New York, le dirigeant vénézuélien s’est déclaré « non coupable » des charges de narcotrafic qui pèsent contre lui. « Je suis un prisonnier de guerre », a-t-il déclaré.