Samedi 3 janvier au matin, Yasmin Rincon, une Vénézuélienne de 20 ans, a été réveillée en sursaut par les nouvelles annonçant un bombardement américain au Venezuela et l’enlèvement de Nicolas Maduro. La veille, la jeune femme aux cheveux noirs, qui vit dans un petit studio niché dans la favela de Morro do Banco, dans l’ouest de Rio de Janeiro, s’était endormie avec son fils de 3 ans devant la télévision qu’elle avait oublié d’éteindre. « J’ai entendu qu’on parlait du Venezuela », raconte-t-elle.

Ce n’est qu’après avoir découvert quinze appels manqués de sa mère qu’elle a réalisé qu’il ne s’agissait pas d’un rêve. « Je suis heureuse, car le Venezuela libre dont nous rêvons tous est en train d’arriver », confie, les larmes aux yeux, cette sympathisante de l’opposante vénézuélienne Maria Corina Machado, tandis qu’elle descend la favela pour rejoindre une station de bus afin de se rendre sur la plage de Copacabana, où elle vend de la purée d’açaï.

Yasmin Rincon fait partie des 568 000 Vénézuéliens entrés au Brésil entre 2014 et 2024, selon les Nations unies, pour fuir la crise. Nombre d’entre eux sont arrivés par voie terrestre, en franchissant la frontière nord du Brésil, dans l’Etat de Roraima, afin d’être pris en charge dans le cadre de l’Operaçao Acolhida (« opération bienvenue »), un programme humanitaire déployé depuis 2018 par le gouvernement brésilien. Le Brésil est ainsi devenu le troisième pays d’Amérique latine, après la Colombie et le Pérou, à recevoir le plus grand nombre de migrants vénézuéliens.

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