A la veille d’une réunion du comité de surveillance du cessez-le-feu entre l’Etat hébreu et le Hezbollah pro-iranien, des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont tué deux personnes, mardi 6 janvier. Les victimes sont présentées par Israël comme des combattants du Hezbollah.
L’armée israélienne a intensifié depuis lundi ses frappes dans le sud et l’est du Liban, bastions du mouvement chiite. La frappe qui a fait deux morts s’est produite à Kfar Dounine, selon le ministère de la santé libanais. L’armée israélienne a affirmé que l’un d’eux était responsable « d’une structure » œuvrant au « rétablissement » du Hezbollah. Une autre frappe a détruit un bâtiment à Ghaziyé, près de la ville côtière de Saïda, provoquant des dommages alentour ainsi qu’un incendie, selon un photographe de l’Agence France-Presse (AFP).
Ces attaques visent « à contrecarrer tous les efforts menés au niveau local, régional et international pour mettre un terme à l’escalade israélienne en cours, malgré la réponse apportée par le Liban », a déclaré le président libanais, Joseph Aoun, dans un communiqué.
Malgré le cessez-le-feu, entré en vigueur fin 2024 après un an de conflit, Israël mène des frappes fréquentes au Liban, affirmant le plus souvent viser des sites et combattants du Hezbollah, et occasionnellement le Hamas.
Mardi, l’armée israélienne a déclaré avoir frappé la veille des infrastructures du Hezbollah et du Hamas, dont « plusieurs dépôts d’armes et des structures militaires de surface et souterraines ».
Le comité chargé de surveiller le cessez-le-feu – auquel participent les Etats-Unis, la France, le Liban, Israël et les Nations unies – doit se réunir mercredi.
En visite au Liban, le secrétaire général adjoint de l’ONU pour les opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, a de son côté dit avoir rencontré des membres de la Force intérimaire des Nations unies (Finul), déployée dans le sud du pays.
Le gouvernement libanais se réunira plus tard cette semaine pour discuter du plan de désarmement du Hezbollah, lancé sous forte pression américaine et dans un contexte de crainte d’une intensification des opérations israéliennes.
Conformément à l’accord de cessez-le-feu, l’armée libanaise devait achever fin 2025 le désarmement du Hezbollah au sud du fleuve Litani – à environ 30 kilomètres de la frontière avec Israël – avant d’élargir sa mission au reste du pays. Selon M. Aoun, le plan du gouvernement visant à « étendre son autorité au sud du Litani » est « mis en œuvre par l’armée libanaise avec professionnalisme, engagement et précision ».
Israël a mis en doute l’efficacité de l’armée libanaise et accusé le Hezbollah de se réarmer. Son ministre des affaires étrangères, Gideon Saar, a jugé dimanche insuffisants les efforts de désarmement. Au moins 350 personnes ont été tuées par des tirs israéliens au Liban depuis le cessez-le-feu, selon un bilan de l’AFP basé sur les chiffres du ministère libanais.