Le président américain, Donald Trump, a signé, mercredi 7 janvier, un décret ordonnant le retrait des Etats-Unis de 66 organisations internationales qui « ne servent plus les intérêts américains », a annoncé la Maison Blanche dans un message sur le réseau social X. Parmi elles, 31 sont liées à l’ONU, dont la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Washington poursuit ainsi son désengagement de la coopération mondiale sur le climat.

« L’administration Trump a jugé ces institutions redondantes, mal gérées, inutiles, coûteuses, inefficaces, instrumentalisées par des acteurs poursuivant des objectifs contraires aux nôtres, ou menaçant la souveraineté, les libertés et la prospérité générale de notre nation », a déclaré le département d’Etat dans un communiqué.

La plupart des organisations visées sont des agences, commissions et groupes consultatifs œuvrant dans les domaines du climat, du travail et d’autres questions que l’administration Trump a qualifiées de complaisantes envers la diversité et les initiatives « woke ».

L’administration avait déjà suspendu son soutien à des agences telles que l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Bureau de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies et l’Unesco, adoptant ainsi une approche plus sélective de sa contribution à l’ONU, et choisissant les opérations et les agences qui, selon elle, correspondent au programme de Donald Trump et celles qui ne servent plus les intérêts des Etats-Unis.

« Je pense que nous assistons à la cristallisation de l’approche américaine du multilatéralisme, qui se résume à “c’est ma façon de faire ou rien”, a déclaré Daniel Forti, analyste des Nations unies à l’International Crisis Group. C’est une vision très claire : celle d’une coopération internationale dictée par Washington. »

Cette approche du président américain marque une rupture majeure avec la manière dont les administrations précédentes ? républicaines comme démocrates ? ont géré les relations avec l’ONU, et contraint plus encore l’organisation mondiale, déjà en pleine crise, à des réductions d’effectifs et de programmes.

Ce retrait supplémentaire est « un nouveau signe que cette administration autoritaire et antiscience est déterminée à sacrifier le bien-être de la population et à déstabiliser la coopération internationale », a déploré, auprès de l’Agence France Presse (AFP), Rachel Cleetus de l’organisation Union of Concerned Scientists.

Le retrait des Etats-Unis de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, traité fondateur de tous les autres accords climatiques internationaux, conclu en 1992 lors du sommet de la Terre de Rio (Brésil), pourrait entraver les efforts mondiaux de réduction des gaz à effet de serre car il « donne aux autres nations un prétexte pour retarder leurs propres actions et engagements », a déclaré Rob Jackson, climatologue à l’université de Stanford (Californie) et président du Global Carbon Project, un groupe de scientifiques qui suit les émissions de dioxyde de carbone des pays.

Si Donald Trump avait fait sortir les Etats-Unis de l’accord de Paris lors de son premier mandat – avant que Joe Biden n’y revienne –, « sortir de la CCNUCC est radicalement différent », estime Jean Su, avocate pour le Centre de la diversité biologique. « Nous estimons qu’il est illégal pour le président de sortir unilatéralement d’un traité qui requiert un vote des deux tiers du Sénat », a-t-elle déclaré à l’AFP, évoquant des « options légales » pour le prouver.

Le décret de mercredi ordonne également le retrait américain du comité d’experts scientifiques de l’ONU sur le climat (GIEC), qui fait référence en matière de science climatique, ainsi que d’autres organisations liées à la protection de la planète, comme l’Agence internationale pour les énergies renouvelables, l’Union pour la conservation de la nature.

En septembre 2025, depuis la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, Donald Trump avait provoqué de vives réactions en s’en prenant sans détour à la science climatique, qualifiant le réchauffement de « plus grande arnaque de notre histoire » et faisant l’éloge du charbon « propre et magnifique ».

Le climat n’est pas la seule cible de l’administration Trump qui s’en prend à d’autres principes défendus par les objectifs de développement durable de l’ONU destinés à améliorer l’avenir de l’humanité, comme l’égalité femme homme. Le décret publié mercredi ordonne ainsi la sortie des Etats-Unis du Fonds des Nations unies pour la population, spécialisé dans la santé de la mère et de l’enfant, et d’ONU-Femmes. Egalement sur la liste, l’agence de l’ONU pour le commerce et le développement (Cnuced), dont la patronne, Rebeca Grynspan, est candidate pour succéder à Antonio Guterres comme secrétaire général des Nations unies.

Dans un communiqué, le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a accusé les organisations visées de promouvoir une « idéologie progressiste », dénonçant notamment « les campagnes pour “l’égalité de genre” et l’orthodoxie climatique ».

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