Au moins 45 manifestants, dont huit mineurs, ont été tués depuis le début de la mobilisation en Iran, fin décembre, a annoncé l’ONG Iran Human Rights (IHR), jeudi. Donald Trump a pour sa part menacé, jeudi 8 janvier, de « frapper très fort » l’Iran si les autorités « commençaient à tuer » des manifestants.
« Je leur ai fait savoir que s’ils commençaient à tuer des gens, ce qu’ils ont tendance à faire pendant leurs émeutes, ils ont beaucoup d’émeutes, s’ils le font, nous les frapperons très fort », a dit le président américain pendant un entretien avec l’animateur radio conservateur Hugh Hewitt.
« La répression s’étend et devient chaque jour plus violente », a affirmé le directeur de l’ONG IHR, Mahmood Amiry-Moghaddam, ajoutant que « des centaines » de personnes avaient également été blessées et plus de 2 000 arrêtées.
Mercredi a été la journée la plus meurtrière de ce mouvement qui dure depuis douze jours, avec 13 manifestants tués, rapporte l’ONG, basée en Norvège. Les médias iraniens et les autorités ont fait état, pour leur part, d’au moins 21 morts depuis le début des manifestations, dont des membres des forces de l’ordre, selon un décompte de l’Agence France-Presse.
Le président iranien, Massoud Pezeshkian, qui ne détient pas la réalité du pouvoir – aux mains du guide suprême, Ali Khamenei – a appelé, jeudi, à « la plus grande retenue » face aux manifestations qui ont donné lieu à des affrontements dans plusieurs villes du pays. « Tout comportement violent ou coercitif doit être évité », a-t-il déclaré dans un communiqué publié sur son site Internet, appelant à « la plus grande retenue » ainsi qu’au « dialogue » et à « l’écoute des revendications du peuple ».
Le chef de la diplomatie allemande a, quant à lui, dénoncé jeudi un « usage excessif de la force » de la part du pouvoir iranien « contre des manifestants pacifiques », et a appelé les autorités de Téhéran à « respecter leurs obligations internationales » en la matière.
Alors que la police a de nouveau ouvert le feu et a dispersé avec du gaz lacrymogène des manifestants en Iran, le ministre des affaires étrangères allemand, Johann Wadephul, a souligné sur X que le fait d’« exprimer pacifiquement leur opinion » était un « droit » des manifestants.
Depuis le début du mouvement, des rassemblements ont eu lieu dans au moins une cinquantaine de villes, essentiellement petites et moyennes, surtout dans l’ouest du pays, selon un décompte de l’Agence France-Presse basé sur les annonces officielles et des médias. Officiellement, 25 provinces sur 31 ont été concernées depuis le début du mouvement.