Le contrôle exercé par l’Etat sur la vie politique en Algérie menace de se resserrer un peu plus. Un projet de loi organique, adopté en conseil des ministres fin 2025 et bientôt examiné par le Parlement, prévoit de durcir les conditions de création et de fonctionnement des partis, dont les marges des manœuvres sont déjà restreintes.
Présenté comme une « modernisation » du cadre juridique et un moyen de rationaliser un paysage partisan fragmenté, le projet de loi introduit notamment une limitation des mandats des responsables de partis, qui seraient à l’avenir élus pour 5 ans renouvelable une fois. Il impose également une participation électorale obligatoire aux formations politiques, relève les seuils de représentativité territoriale et renforce le suivi administratif, réduisant considérablement leur autonomie et fragilisant davantage le pluralisme.
Inscrit dans le prolongement de l’amendement constitutionnel de 2020 – conçu par le pouvoir dans la foulée des manifestations de 2019 pour reprendre le contrôle sur le champ politique –, le texte transforme de facto l’engagement partisan en une activité soumise à une contrainte administrative permanente, où la survie d’un parti dépend de sa stricte obéissance aux règles édictées par l’Etat.