La situation est ubuesque, l’avenir une impasse, et pourtant Séverine Chavrier ne baisse pas les bras. Mise sur la touche par sa tutelle, interdite de se présenter à la Comédie de Genève, qu’elle dirige depuis juillet 2023, la metteuse en scène ne lâche pas prise : « De toute façon je ne pourrais pas : si je suis déchargée des responsabilités administratives et financières, j’ai paradoxalement, jusqu’à nouvel ordre, la charge de la programmation de la prochaine saison. Et je suis censée faire ça sans avoir accès au directeur financier, et sans observer les spectacles. Une programmation, c’est comme organiser une fête. Et la seule personne qui n’est pas invitée à la fête, ici, c’est celle qui l’organise. C’est bizarre. Et illégal. »
Tout commence le 22 octobre 2025 par un article violemment à charge paru dans La Tribune de Genève. Un « certain nombre » d’employés du théâtre, tous anonymes, mais « concordants », explique le journaliste, y dénoncent un « comportement toxique et pervers », des « recrutements arbitraires et dénués de logique », des « dénigrements au travail »… qui auraient poussé, affirme le quotidien, une quinzaine de personnes sur 80 salariés à partir.