Début des années 1990. La « fin de l’histoire » (depuis démentie) paraît advenue en Occident, la mondialisation et le libéralisme font tache d’huile. Le shoot consumériste des années 1980 se perpétue d’autant plus que la notion d’overdose a disparu. Il n’y a plus de contrechamp : le bloc communiste s’est effondré et la hantise écologique est encore marginale dans les esprits. « Ere du vide », écrivait l’essayiste Gilles Lipovetsky. Mais la nature a horreur du vide : il est angoissant de ne plus avoir d’angoisses, surtout à la fin d’un siècle et d’un millénaire. La misanthropie, aux confins du sadisme, devient un luxe prisé. En 1991 triomphe American Psycho (publié en France en 1992), de Bret Easton Ellis.

Le film Naked (1993), qui ressort en salle, aurait pu s’intituler British Psycho. Plus de trente ans après, il reste irritant, mais constitue aussi un instructif condensé de son temps. Réalisé par le Britannique Mike Leigh (82 ans aujourd’hui), il est un succès auteuriste – comme un mélange entre du Bertrand Blier et la tradition anglaise du réalisme social, qui cultive les nuits et les petits matins blêmes.

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