« Quand vous passez cinq-six heures par jour à tuer des gens [dans des jeux vidéo], à être dans cette logique de prédation, c’est clair qu’à un moment donné, ça conditionne des jeunes. » Le 5 février, au micro de Brut, Emmanuel Macron tranche sans détour : pour le président de la République, les jeux vidéo de tir favorisent la violence chez les enfants et les adolescents. Dans la foulée, il annonce la création d’un comité d’experts chargé de « mesurer scientifiquement [leur] effet » sur le jeune public. Une mission censée durer deux mois à l’issue de laquelle « il ne faut rien exclure », a prévenu le chef de l’Etat, y compris une interdiction pour ce public.
Le discours est d’autant plus saisissant qu’une heure plus tôt, le ministère de la culture célébrait en grande pompe le succès public et critique de Clair Obscur : Expedition 33, jeu français sorti en 2025. Son studio, Sandfall Interactive, fondé en 2020 à Montpellier, voyait ses vingt-huit membres élevés au grade de chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres par Rachida Dati. « En décorant son équipe, la République affirme : le jeu vidéo est un art majeur et une industrie essentielle », se félicitait, le 6 février, le compte de la ministre sur le réseau social LinkedIn.