Quel est l’impact carbone des fêtes ? Sapin, bûche, cadeaux… où se cache le CO? ?

Jouets par milliers, repas excessifs, sapins coupés et illuminations à tous les coins de rue, longs trajets pour rejoindre la famille… Les fêtes de fin d’année ne sont pas un cadeau pour le climat. A cette occasion, les Français émettent près de 6,3 millions de tonnes équivalent CO2 (CO2e), soit 1 % de l’ensemble des émissions annuelles de gaz à effet de serre (GES), selon l’Agence de la transition écologique (Ademe).

Pour mesurer l’impact des fêtes, et proposer des conseils « pour organiser un Noël plus écolo », l’Ademe se base sur deux types d’indicateurs :

Les données détaillées de cette étude, fournies au Monde par l’Ademe, révèlent des ordres de grandeur étonnants, et parfois contre-intuitifs, sur l’impact carbone de nos cadeaux ou repas de fête – et donc sur les changements que l’on peut apporter.

Pas de Noël sans cadeaux : les Français en offrent ou en reçoivent 368 millions pendant les fêtes, ce qui correspond à 10,2 cadeaux par enfant et 4,5 pour chaque adulte, en moyenne.

Sous le sapin, les paquets contiennent, le plus souvent, des vêtements et autres produits textiles, des jouets ou des livres. Mais, si ces trois catégories représentent les trois-quarts des cadeaux échangés, elles ne « pèsent » que pour la moitié des gaz à effet de serre émis. Les livres, en particulier, ont le plus faible impact sur le climat : pour 18 % des cadeaux échangés, ils n’émettent que 2 % des GES.

A l’inverse, les produits électroniques et les bijoux ont un bilan carbone désastreux. Pour 4 % des cadeaux offerts, ils représentent 30 % des émissions.

Quelles pistes d’amélioration ?

Pour rendre plus sobre sa hotte de Noël, l’Ademe offre plusieurs idées. La plus efficace consiste simplement à réduire le nombre de cadeaux. Deux déclinaisons possibles :

Choisir un objet d’occasion ou reconditionné peut doubler sa durée de vie. On évitera ainsi, selon l’Ademe, 55 % des émissions pour un jouet, 48 % pour un jean, et jusqu’à 57 % pour un smartphone classique. Et, pour éviter le gaspillage ou la revente, il est utile de privilégier les cadeaux « utiles » et les présents immatériels.

Les déplacements pèsent pour un quart du CO2 lors des fêtes de fin d’année. C’est la deuxième source d’émission après les cadeaux.

Les Français parcourent 3,9 millions de kilomètres à Noël et 2,1 millions au Nouvel An, soit près de 200 kilomètres par famille. Pour rejoindre les lieux de festivités, l’écrasante majorité des foyers opte pour la voiture (94 %).

Les trois quarts des distances se font en voiture, et représentent plus de la moitié (62 %) des émissions. Le transport aérien présente un ratio très déséquilibré : il consomme 37 % des émissions liées aux déplacements, alors qu’il concerne moins de 2 %, et 17 % des distances parcourues.

Le train est évidemment le plus sobre, mais aussi le plus marginal : seuls 4 % des ménages y ont recours.

Difficile de démêler l’alimentation quotidienne des repas de Noël ou de la Saint-Sylvestre. L’Ademe a donc choisi de calculer l’impact environnemental à partir du surplus des ventes, en fin d’année, de « produits phares de la période des fêtes » : 30 449 tonnes de chocolat, 10 015 tonnes de foie gras, 11 000 tonnes d’escargots, 12 194 tonnes de gibier, 2 603 tonnes de bûches pâtissières ou encore 636 tonnes de gigot d’agneau…

En quantité, les viandes représentent le premier poste de consommation, devant les desserts, l’alcool et les produits de la mer. Mais de manière inattendue, ce sont les desserts qui constituent la plus importante source de gaz à effet de serre. En effet, le chocolat et le beurre ont un bilan carbone du même ordre de grandeur que le foie gras, et deux à trois fois plus élevé que la volaille ou le gibier (l’agneau reste l’aliment le plus émetteur de CO2e).

A l’inverse, l’alcool représente, en quantité, un quart de la consommation des repas de fête, mais seulement 6 % des émissions (ce qui n’empêche pas de boire avec modération).

Quelles pistes d’amélioration ?

Pour alléger l’impact carbone d’un repas, le plus efficace est d’adapter le menu, en remplaçant les aliments les plus émetteurs. En partant d’un repas traditionnel de référence (foie gras et coquilles Saint-Jacques, pintade aux champignons, fromage et bûche pâtissière), l’Ademe propose l’alternative suivante :

Attention aussi au gaspillage alimentaire : en évitant de jeter de la nourriture, on peut réduire jusqu’à 20 % des émissions d’un repas, selon le cabinet Goodwill-management et l’Ademe.

Le dilemme : sapin naturel ou artificiel (voire en bois) fait partie des classiques débats écolos de fin d’année. Verdict de l’étude : un sapin naturel émet en moyenne plus de quinze fois moins qu’un sapin artificiel sur l’intégralité du cycle de vie. Quoi qu’il en soit, les arbres de Noël comptent pour 1 % des émissions totales liées aux fêtes de fin d’année. Les papiers cadeaux (sur l’intégralité du cycle de vie) constituent le plus petit poste d’émission (0,37 %), alors que l’ensemble des déchets plafonne à 1 % des émissions.

Au-delà des pratiques individuelles, qu’en est-il des décorations collectives et animations dans l’espace public ? Les installations lumineuses « pèsent » 57 000 tonnes de CO2e, les quelque 440 patinoires en plein air émettent 37 000 tonnes, et les déchets liés aux marchés de Noël, 780 tonnes. Ces émissions, réparties individuellement, viendraient ainsi alourdir le bilan des fêtes de 1,5 % pour chaque Français.

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