Sur la page d’accueil du site de l’écrivaine belge Caroline Lamarche, autrice d’une vingtaine d’ouvrages – dont Le Jour du chien (Minuit, 1996), Nous sommes à la lisière (Gallimard, 2019) ou encore le très beau Cher instant je te vois (Verdier, 2024) –, figure un message, sans doute adressé à ces lecteurs qui lui demandent trop souvent si ses histoires sont « purement imaginaires ». Plutôt que de se perdre dans des « justifications bizarres », elle affirme qu’elles sont d’abord un « résultat ».
On ne s’étonnera pas que son nouveau roman, Le Bel Obscur, suscite ces mêmes indiscrétions, tant l’écrivaine donne le sentiment de jouer avec sa propre vie comme avec le feu. Mais l’enjeu, pour elle, ne se situe pas là. Comme dans tout livre réellement habité, ce qui retient le lecteur n’est pas l’origine factuelle des histoires, mais leur puissance formelle. Caroline Lamarche excelle dans l’art de bâtir ses livres, construits telles des maisons qui abritent des récits.