Avocat général près la cour d’appel de Douai (Nord), en charge de la coopération juridique internationale en matière de crime organisé et d’atteintes à l’environnement, le magistrat – vice-président du Réseau européen des procureurs pour l’environnement – est favorable à une refonte du droit français. Une démarche indispensable pour réprimer des infractions très peu sanctionnées par la justice aujourd’hui.
On ne peut pas dire, en effet, que cette matière suscite une attention particulièrement soutenue de la part des autorités. Les pouvoirs publics se concentrent beaucoup, et à juste titre, sur le trafic de drogue, qui nécessite une mobilisation considérable de moyens, d’enquêteurs, de magistrats, de toute la chaîne pénale. Or il est évident qu’on ne peut pas tout faire. La criminalité environnementale reste peu traitée par rapport aux besoins alors même que, par exemple, les trafics d’hydrocarbures ou de déchets alimentent les réseaux armés du Proche-Orient, et donc le terrorisme. Cela contribue à compromettre la situation sécuritaire du monde.