La mise en garde du président du tribunal de Paris à propos d’une éventuelle « ingérence » américaine dans le procès en appel du Front national (devenu Rassemblement national, RN) pourrait « apparaître comme une pression inadmissible sur les magistrats », a réagi, mercredi 7 janvier, le parti d’extrême droite. Ces propos, tenus la veille par le haut magistrat Peimane Ghaleh-Marzban, une semaine avant l’ouverture du procès, le 13 janvier, « sont de nature à préjudicier gravement aux intérêts des prévenus », a estimé le RN dans un communiqué.

Selon l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, l’administration Trump aurait envisagé des sanctions contre les juges du tribunal correctionnel de Paris ayant condamné Marine Le Pen en mars dernier. Le procès en appel aura lieu du 13 janvier au 12 février.

« Si de tels faits étaient avérés ou devaient se réaliser, ils constitueraient une ingérence inacceptable et intolérable dans les affaires internes de notre pays qui devrait provoquer la réprobation des pouvoirs publics », a prévenu, mardi, le président du tribunal judiciaire de Paris lors d’un discours à l’occasion de l’installation de nouveaux magistrats.

Pour le RN, cette prise de parole résonne « comme l’accréditation d’une fake news », basée sur « une information extrêmement douteuse, donnée de façon anecdotique » et « au conditionnel ». Dénonçant au passage « la presse française » qui a repris ces révélations « sans mesure et non sans malveillance », le parti d’extrême droite dit également craindre « que de tels propos puissent apparaître comme une pression inadmissible sur les magistrats d’appel, sur la base d’un ragot colporté par un média hostile ».

Reconnue coupable, en première instance, de détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants parlementaires du FN, Marine Le Pen, triple candidate à l’élection présidentielle, est depuis sous le coup d’une peine d’inéligibilité immédiate qui compromet ses chances de concourir une quatrième fois en 2027.

En évoquant le cas du magistrat français de la Cour pénale internationale (CPI) Nicolas Guillou, visé depuis août par des sanctions américaines, M. Ghaleh-Marzban a appelé à « nous élever contre la possibilité même que cela puisse être imaginé ».

Nicolas Guillou est notamment chargé, à la CPI, du dossier du mandat d’arrêt visant le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou.

En mars, Donald Trump avait comparé la condamnation en première instance de Marine Le Pen à quatre ans d’emprisonnement dont deux fermes, 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité à ses propres déboires judiciaires.

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