« Quelqu’un devait bien gagner » : le Français Arthur Rinderknech s’est imposé vendredi 29 août au troisième tour de l’US Open contre son compatriote et ami Benjamin Bonzi (4-6, 6-3, 6-3, 6-2) pour s’offrir à 30 ans un premier huitième de finale en Grand Chelem. Cerise sur le gâteau : le 82e mondial est assuré de jouer sur un grand court puisqu’il affrontera au prochain tour le quintuple vainqueur en Grand Chelem Carlos Alcaraz (2e) et vainqueur de l’US Open en 2022.
Le joueur entraîné par l’ex-numéro 10 mondial Lucas Pouille a surmonté la perte du premier set pour vaincre Bonzi. « Je ne gagne jamais en trois sets, pour moi c’est la routine de perdre un set », a plaisanté Rinderknech dans son interview d’après-match, non sans avoir un mot pour son cadet, qui espérait lui aussi atteindre un premier huitième de finale en Grand Chelem à 29 ans.
« Félicitations à lui pour tout ce qu’il a accompli (…) Il a décroché quelques victoires dingues », comme dans la nuit de dimanche à lundi contre l’ancien numéro 1 mondial Daniil Medvedev, a déclaré Rinderknech.
« Je me réjouis qu’on se soit affrontés au troisième tour plutôt qu’au premier, ça montre qu’on est sur la bonne voie », s’est satisfait le vainqueur. Sur la manière dont il comptait battre son prochain adversaire, le Français a esquivé avec une pointe d’humour : « Je ne sais pas. C’est plutôt un bon joueur », déclenchant quelques rires dans les tribunes clairsemées du court numéro 17.
Sous l’œil attentif de Pouille et du nouvel entraîneur de Bonzi, Nicolas Mahut, Rinderknech est bien entré dans la partie, mais a progressivement commencé à commettre plus de fautes face à un adversaire qui ne lui a pas laissé la moindre balle de break dans la première manche. Après avoir sauvé une balle de break pour Bonzi en début de deuxième set, le Breton a répliqué en prenant le service du Nîmois dès sa première occasion pour mener 5-3 avant de confirmer son break pour égaliser à une manche partout.
Auteur d’un nouveau break dès le premier jeu du troisième set, Rinderknech a petit à petit pris le contrôle de la partie, à coups d’aces (15) et d’un grand nombre de coups gagnants (56 contre 19) qui sans doute usé Bonzi vainqueur de deux matchs en cinq sets aux tours précédents.
A 37 ans, Adrian Mannarino s’est, lui, qualifié vendredi, pour son premier huitième de finale à l’US Open après l’abandon du 6e joueur mondial Ben Shelton, touché à l’épaule gauche. le Français (77e) venait d’égaliser à deux manches partout quand le gaucher américain a jeté l’éponge, après s’être fait mal sur un coup droit plus tôt dans le set et avoir grimacé à plusieurs reprises en fin d’échange. Le match s’est donc arrêté sur le score de 3-6, 6-3, 4-6, 6-4, alors que Mannarino a appris l’abandon de son adversaire au retour d’une pause toilettes.
En larmes, le demi-finaliste de l’édition 2023 a rapidement quitté le court Louis-Armstrong. Vainqueur début août de son premier Masters 1000 à Toronto, Shelton figurait parmi les outsiders à New York.
« Quand il a commencé à avoir mal, il menait et honnêtement, je pense qu’il aurait probablement gagné le match » s’il ne s’était pas blessé, a jugé dans son interview d’après-match le vainqueur, qui avait échoué cinq fois au troisième tour de l’US Open avant d’enfin franchir le cap. Mannarino affrontera, dimanche, le Tchèque Jiri Lehecka (21e) pour une place en quarts de finale.
Le dernier Français à atteindre les huitièmes de finale à l’US Open était jusqu’à vendredi Corentin Moutet, en 2022. Il faut remonter six ans plus tôt pour trouver trace de plusieurs Français à ce stade de la compétition, à New York (Gaël Monfils, Lucas Pouille et Jo-Wilfried Tsonga en 2016).
Opposé plus tard dans la journée au Tchèque Tomas Machac (22e) au troisième tour, Ugo Blanchet (184e) peut, en cas d’exploit, encore gonfler le contingent tricolore en huitièmes de finale.