Mi-novembre 2025, en plein débat budgétaire. « Cette année est l’une des moins bonnes depuis qu’il y a des statistiques. On vend moins, beaucoup moins, aux investisseurs. (…) On est passé sous la barre des 10 000 mises en vente au troisième trimestre, c’est du jamais-vu depuis quinze ans », assure Pascal Boulanger, président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), lors d’un point presse en ligne. « Rien ne nous pousse à lancer de nouvelles opérations », déplore-t-il.
« Le logement, ça n’est ni de gauche ni de droite, ça rapporte à Bercy, il faut y aller », insiste-t-il, alors que les députés doivent se prononcer sur le statut du bailleur privé, une mesure d’exonération fiscale qui, selon les fédérations professionnelles, relancerait la construction. « Je compte sur vous pour relayer le message », glisse le patron de la FPI aux journalistes.
Un mois plus tard, le 16 décembre 2025, le statut du bailleur privé a été adopté dans une version en deçà des attentes du secteur ? lesquelles seraient trop coûteuses, avance Bercy ? mais le projet de budget de l’Etat devait encore passer en commission mixte paritaire (laquelle n’a pas abouti). Logement, « le mal-aimé de la République ! », titre la Fédération française du bâtiment, pour sa dernière conférence de presse de 2025. « Un titre très direct, grave », assume son président, Olivier Salleron, car « la crise du logement s’amplifie, et elle va sûrement, un jour, faire descendre les concitoyens dans la rue ». Les Français ont de l’épargne. Avec un « réel » statut du bailleur privé et non « cet ersatz », il y aurait, selon lui, « un déblocage d’opérations, à partir des permis déjà accordés, et une hausse rapide des mises en chantier ».