Dans un entretien accordé à la chaîne américaine Fox News, lundi 5 janvier, Maria Corina Machado, Prix Nobel de la paix 2025, n’a pas ménagé ses marques de gratitude à l’égard de Donald Trump pour son action au Venezuela. « Je vais être très claire, a-t-elle commencé. Dès que j’ai appris que nous avions reçu le prix Nobel de la paix, je l’ai dédié au président Trump, car je pensais qu’il le méritait. »
La cheffe de l’opposition vénézuélienne, qui prévoit de revenir « le plus vite possible » dans son pays, s’est empressée de saluer l’enlèvement du président, Nicolas Maduro, lors d’une opération militaire américaine, samedi 3 janvier. « Beaucoup de gens disaient qu’il était impossible de réaliser cette opération. Si je pensais qu’il le méritait en octobre [le prix Nobel de la paix a été attribué le 10 octobre], imaginez maintenant. Il vient de le prouver au monde entier. »
Sans indiquer l’endroit où elle se trouve, Maria Corina Machado pense que cet événement « restera dans l’histoire comme le jour où la justice a vaincu la tyrannie ». « C’est un grand pas en avant pour l’humanité, pour la liberté et la dignité humaine », a-t-elle complété, tout en critiquant Delcy Rodriguez, investie lundi présidente par intérim du Venezuela.
Malgré ces gestes de gratitude, Donald Trump avait, dès samedi, disqualifié Maria Corina Machado pour prendre la tête du pays à la place de Nicolas Maduro, estimant qu’elle « ne [bénéficiait] ni du soutien ni du respect au sein de son pays ».
Maria Corina Machado pense pour sa part que Delcy Rodriguez est « l’une des principales architectes de la torture » imputée au gouvernement de Caracas. L’opposante de 58 ans estime qu’elle est « rejetée » par les Vénézuéliens.
Si Maria Corina Machado a avoué ne pas avoir discuté avec Donald Trump depuis le 10 octobre, elle a rappelé à « quel point » le « peuple vénézuélien » lui est « reconnaissant pour sa vision courageuse, pour les mesures historiques qu’il a prises contre ce régime narcoterroriste ».
Questionnée par le journaliste Sean Hannity sur une éventuelle attribution du prix Nobel de la paix à Donald Trump – que le républicain convoitait –, elle n’a pas écarté cette hypothèse. « Le peuple vénézuélien pense que ce prix lui revient », a-t-elle affirmé, souhaitant lui « décerner » et le « partager ». Avant d’ajouter : « Ce qu’il a accompli est historique. »
Figure de la droite radicale vénézuélienne et entrée dans la clandestinité en août 2024, quelques jours après l’élection présidentielle à laquelle elle n’a pas été autorisée à se présenter, Maria Corina Machado a, par ailleurs, détaillé son projet politique pour le pays. « Lors d’élections libres et équitables, nous gagnerons avec plus de 90 % des voix, je n’ai aucun doute là-dessus », a-t-elle clamé.
Pour autant, le président américain a écarté toute élection au Venezuela dans les trente prochains jours, estimant lors d’une interview à la chaîne américaine NBC que les Etats-Unis devaient « d’abord remettre le pays sur pied ». « Nous allons faire du Venezuela le centre énergétique des Amériques », a tout de même affirmé la lauréate du prix Nobel, avant de poursuivre : « Nous allons apporter l’Etat de droit, nous allons ouvrir les marchés, nous allons avoir besoin de sécurité pour les investissements étrangers. »