L’approche de l’année 2000 avait porté avec elle beaucoup de promesses, mais aussi la crainte d’un « millennium bug » [le bug de l’an 2000] qui viendrait interrompre soudainement la course joyeuse de nos sociétés toujours plus informatisées.
Aujourd’hui, avec la démocratisation des intelligences artificielles (IA), cette course connaît une accélération rapide, peut-être trop rapide, qui impacte aussi notre capacité créative. C’est du moins ce que pensent beaucoup d’usagers et créateurs de contenu des plateformes en ligne, qui ont proposé, entre boutade et prise de position, de mettre en place un « Great Meme Reset », une grande réinitialisation collective de la production de mèmes [ces images humoristiques publiées en ligne].
A partir du 1er janvier 2026, Ballerina Cappuccina, cette ballerine générée par IA, avec une tasse de cappuccino en guise de tête [un personnage très répandu en ligne à la fin 2025], et ses amis synthétiques du « brain rot » [« pourrissement cérébral »] italien ne seraient ainsi plus qu’un lointain cauchemar. Nous reviendrions à la belle époque des mèmes des années 2010, quand l’IA était encore partiellement reléguée du côté de la science-fiction.
Le compte à rebours vers ce nouveau départ serait motivé par une lassitude diffuse autour de la direction prise par les réseaux sociaux numériques depuis quelques mois : inondés par des contenus douteux générés par l’IA et par des trends (« tendances ») se succédant à un rythme effréné, TikTok, Instagram et le Web en général seraient des espaces de plus en plus pollués, où la créativité (mémétique) collective serait en danger.
Le « Great Meme Reset » fait suite à d’autres débats autour de la pénurie de mèmes en mars 2025, quand beaucoup d’usagers de TikTok avaient dénoncé un manque de mèmes originaux et vraiment intéressants. Dans la même perspective, Slop Evader propose, par exemple, d’installer une extension sur votre navigateur pour accéder uniquement aux contenus produits avant le lancement de ChatGPT, le 30 novembre 2022.