Le rendez-vous a été fixé sur les Grands Boulevards parisiens, dans l’historique café Le Brebant, l’ancien QG d’Elena Nagapetyan. Celui des prémices de sa nouvelle notoriété, lorsqu’elle jouait son seule-en-scène Ça valait le coup au Théâtre des variétés. La femme de 38 ans à l’élégance discrète, pile à l’heure – « C’est important la ponctualité, non ? » –, revient de quatre dates dans le Sud-Est, des « Zénith avec 3 000 personnes, c’est fou ». Le début d’une grande tournée de cinq mois à travers la France, avec deux soirées à l’Olympia en acmé, les 16 et 17 mai. « Une salle mythique, en plus, il y aura une captation pour la télévision, je vais grave stresser. » L’humoriste de nationalité russe, qui a commencé l’apprentissage du français à 23 ans, opte pour une tisane à la verveine escortée d’un verre de mojito sans alcool, « plus fun » pour la photo, qu’elle nous laissera boire. « Trop de sucre », tranche-t-elle.
Le rythme est soutenu, le sommeil rare, alors elle surveille de près son hygiène de vie, ce qui ne l’empêche pas d’être « crevée », d’autant qu’elle coproduit son spectacle, assure une chronique mensuelle sur RTL et vient de sortir un livre intitulé La Bible d’une MILF (Michel Lafon, 176 pages, 17,95 euros), dans lequel elle confie, entre autres, ses multiples traumas – nous y reviendrons –, sans oublier d’en rire. « Pour être considérée comme une MILF [un acronyme anglais qui désigne une mère de famille sexuellement attirante], il faut avoir un enfant et être bonne, ce qui est mon cas », y écrit-elle en préambule. Elena Nagapetyan n’est pas adepte des circonvolutions, elle parle cash, n’a guère de filtres ni de tabous. « Je ne pense pas être trash, je n’aime pas ce mot, c’est connoté négativement, mais je suis peut-être l’humoriste la plus crue chez les femmes. »