Aux Etats-Unis, le dilemme des migrants vénézuéliens

Il a beau être costaud, aguerri, les mains noircies par les pneus de camion qu’il œuvre à déjanter, José, migrant vénézuélien fraîchement arrivé à Denver (Colorado), a l’œil humide quand il revient sur la matinée du 3 janvier, lorsqu’il a appris la capture de Nicolas Maduro. « On attendait ça depuis tellement longtemps. »

L’ouvrier (dont le nom a été changé à sa demande) a quitté Caracas il y a dix ans. Comme la plupart des exilés, il est passé par une multitude de pays, de l’Equateur à la Colombie, avant de tenter sa chance aux Etats-Unis. Au Nebraska, d’abord, et maintenant dans le Colorado. Les services de l’immigration lui ont donné rendez-vous en mai 2027 en Floride, selon une logique bureaucratique que seul un algorithme peut probablement décrypter.

Ce mercredi 7 janvier, quatre pneus attendent d’être dépecés devant le deux-pièces en rez-de-chaussée qu’il partage avec trois amis et un bébé dans la banlieue de Denver. Daniela, une ancienne ingénieure chimiste de 36 ans, est chargée du dégonflage, quand la petite, âgée de trois mois, lui en laisse le temps. José et Roberto découpent le caoutchouc à la scie circulaire. Chaque jante leur rapporte 40 dollars (34 euros). Tous se sont improvisé ferrailleurs, en attente de l’examen de leur demande d’asile, pour ceux d’entre eux qui ont pensé à la déposer dans les délais.

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